Jeudi 28 avril 2011
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02:58
Pour la 3ème fois donc, je repars sur le fleuve devenu lac par les caprices et les besoins des hommes. Dans ses méandres d'affluents, une rivière remonte; comme un mystère. Il n'en faut pas plus
pour gratter l'envie d'aller voir au delà de cet endroit que des Amérindiens ont occupé il y a plusieurs centaines d'années maintenant (les traces de polissoirs sur les roches témoignent de leurs
habitudes). Comme je les comprends. L'endroit est délicieux.
Je les imagine facilement faire de ce petit coin de paradis une salle de bain, un coin cuisine ou leur lieu de privilégiature pour la pêche ou simplement pour la
baignade.
Curieusement, à chaque fois que je suis venu, j'ai trouvé un niveau d'eau différent. La première fois, le débit de l'eau était calme. La fois précédente (avec le Tonio), un petit torrent faisait
entendre son va et vient jusque dans nos hamacs. Cette fois-ci, l'eau est entre les deux. Le niveau a baissé (il a pourtant bien plu ces derniers jours !). La loutre, que j'avais filmée derrière
cet arbre tombé et qui partage la rivière en deux, ne s'est pas montré cette fois-ci malgré des empreintes un peu partout qui trahissent son passage récent; tout comme celui d'un tapir.
Mon premier lancer (et oui, il m'arrive de pêcher !!) est un succès. L'aïmara que je remonte est tout de même trop petit (mais ferait la fierté de n'importe quel pêcheur de sandre ou de carpe en
métropole !) et il est remis à l'eau.
Derrière cette arbre, la rivière se scinde en deux. C'est l'heure d'aller voir un peu plus loin en choisissant la gauche parce que la rivière paraît plus large et plus facile d'accès. C'est
l'heure d'essayer le canoë gonflable que j'ai acheté à Noël. Mais l'eau n'est pas très profonde et il faut souvent mettre un pied dans l'eau pour franchir les nombreux troncs qui rendent le
paysage plus magique encore.
Je remonte la rivière pendant une heure. L'eau est froide au regard de la chaleur dont le jour me gratifie. Et c'est presque un drôle de supplice de s'enfoncer (parfois jusqu'au dessus des
épaules) dans l'eau pour avancer et aller voir encore un peu plus loin... dès fois que le bonheur soit encore plus fort un peu plus loin!
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Mardi 26 avril 2011
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00:29
Encore un week-end en forêt ça veut dire les yeux rivés dans les arbres, pour moi, à la recherche de mouvements, de bruits, de branches qui bougent par une force différente de celle du
vent. L'endroit où je me pose pour la troisième fois (la dernière fois, Tonio était là) est un site absolumenbt merveilleux. Je sais aujourd'hui avec certitude d'un groupe d'atèles noirs vit
dans les parages et se montrent avec beaucoup de curiosité tout en gardant ses distances (je n'ai pas agrandit la photo pour que vous puissiez vous rendre compte). Que plus curieux encore sont
les capucins qui se montrent chaque jour assez près du camp jusqu'à passer au dessus de lui dans d'incroyables acrobaties. Plus rares sont les singes hurleurs que l'on entend pourtant chaque
nuit, parfois le jour. Ils indiquent leurs présences. C'est rassurant de savoir qu'ils sont là, à vivre en paix, pas si loin que ça de la civilisation qui réduit leur habitant comme une peau de
chagrin.
Je ne sais pas combien de temps encore des privilégiés comme moi pourront encore les approcher de si près dans leur élément naturel. Je me dis qu'il faut que je profite de ça. Du bonheur que ça
me procure. Du plaisir égoïste que j'en retire.
Cette fois, j'avance avec deux de mes acolytes dans une rivière. Je porte mon maillot de bain. Le soleil cogne sur ma peau. L'eau est froide et pourtant délicieuse. J'avance pieds nus dans une
eau où l'on voit le fond fait de sable blanc. Parfois on ne voit pas le fond, tout en ayant pied. Et je vous vois vous imaginer les pires anacondas, ou ceux qui connaissent la Guyane s'imaginer
qu'un aïmara vienne goûter à mes mollets... J'avance, assez sereinement, confiant, et conscient que je suis un Homme et que face à moi, les bêtes fuient... tout simplement ! Parfois c'est bien
dommage mais on a été si longtemps chasseurs que j'imagine que dans leur gêne ça doit être inscrit quelque part.
J'avance dans la rivière en étant convaincu que c'est le meilleur moyen (pour affronter le soleil et pour faire le moins de bruit possible pour la faune; quoique je vois mal des loutres venir me
chatouiller les orteils du coup !). Et soudain, un bruit de branches qui cassent. Très vite, mes yeux repères les singes araignées noirs. Au jumelle, je vois qu'ils sont trois. C'est toujours
assez incroyable cette façon qu'ils ont de se faire entendre, de se faire remarquer. Comme pour nous dire: "on est là !".
Et puis démarre le moment que j'adore. Je les observe. Et ils m'obervent. Le rouge de leur visage ressort grâce à la lumière et à leur posture (ils se penchent comme pour mieux nous voir en
s'accrochant avec leur queue préhensible). Il y a comme un silence que rien ne trouble. Pas même le chant d'un passereau ou la chute d'une feuille depuis la canopée. Je suis là, face à
eux, à les regarder, simplement. Et je ne saurais vous dire combien ces moments sont forts et riches en émotions.
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Samedi 23 avril 2011
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20:26
Réveil matinal donc. Le soleil est encore dans ses propres draps et n'a pas encore ouvert l'oeil. Je me retrouve vite sur la plage à chercher du regard une possible tortue que j'arriverais à
remarquer dans la pénombre. Rien. Je ne vois rien. J'avance alors vers l'Est, au hasard et parce que cela m'éloigne des lumières du village voisin. Je trouve très vite des traces sur le sable qui
témoignent que des tortues vertes et des luths sont venues pondre dans la nuit. Des traces qui laisseraient à penser, à qui ne sauraient pas, qu'un tank ou un bulldozer sont sortis de l'eau à ces
endroits précis.
Au loin j'aperçois une tortue luth qui bataille pour retourner à l'eau et qui y parvient avant que j'ai pu être assez près d'elle pour profiter d'un simple regard. Le jour se lève face à moi. La
plage est déserte. Il semble que j'ai raté la dernière tortue qui était encore sur le sable ce matin. Une pointe de déception m'envahit... mais l'aurore qui s'offre à moi me fait vite oublier mon
chagrin. Je sais que je vais revenir bientôt et qu'il y aura d'autres occasions.
Sur le chemin qui me ramène à ma voiture je tombe sur un chien couché sur un nid de tortue luth tout frais. On n'est pas encore à la période ou par meutes entières les chiens errants viennent
creuser à la recherche des oeufs. Et où chaque meute semble vouloir marquer son territoire en détruisant et en dévorant le plus de promesses de tortues possibles. Dans le difficile parcours de la
vie des tortues, les chiens errants sont un des fléaus apportés par l'homme et contre lequel il est difficile de se battre.
Celui là est seul. Un peu vieux. Et en train de déguster une carcasse de crabe. Il n'a pas l'air de savoir que sous ses fesses une presque centaine d'oeufs sont tassées dans un nid qui dans 70
jours devraient voir des bébés tortues commencer leur difficile parcours par une course vers l'eau et vers la vie...
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Samedi 23 avril 2011
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19:55
Après notre échec avec mon frère fin mars dernier, je suis retourné sur
les plages d'Awala Yalimapo à la recherche des tortues géantes !
Une fois sur place, la marée était presque parfaite. La plage était à deux pas des dernières vagues; si j'avais été une tortue, j'aurais choisi un moment comme celui là pour venir traîner ma
carcasse sur le sable.
La nuit se met peu à peu à souffler sur le peu de lueur qu'il reste au crépuscule. Je me pose dans le sable, appuyé contre un arbre qu'une vieille marée est venue posée là. Rien. Pas un souffle.
Aucun bruit ne semble trahir leur hypothétique présence. Je croise un chercheur qui m'apprend que la nuit précédente 10 tortues luths sont venues pondre et que la saison démarre vraiment depuis
quelques jours. Mon espoir s'aggrandit. Je file à la voiture avaler un truc et revient me promener sur le sable à la lueur des étoiles. Je marche pieds nus à la recherche d'une trace de sorties
de tortues. C'est assez facile à reconnaître: ça ressemble à des traces qu'un engin avec des chenilles aurait laissées !
J'ai à peine fait 30 mètres que je tombe sur une trace que l'une d'elle vient de laisser. Je remonte vers la tortue. C'est une tortue verte. Pas une luth. En ce moment, c'est surtout la période
des tortues vertes qui, ici, sont moins emblématiques car il existe plein d'endroits de ponte à travers le monde alors que des 3 ou 4 sites de ponte de la tortue luth, la réserve de l'Amana est
certainement le plus important au monde. Et puis la luth se distingue par sa taille (1,8m) et son poids (jusqu'à 900kg) et le fait que c'est la seule tortue marine (il en existe 7 espèces) qui ne
possède pas de carapace mais une dossière.
Je m'assois malgré tout à côté de la tortue verte. Cela faisait un moment que je n'en avais pas vue de celles-là ! Je l'entends gratter le sable pour préparer son nid. Régulièrement, elle fait
des pauses pour reprendre son souffle et ne pas être repérée. J'entends son souffle à chaque effort qu'elle produit. Je suis seul sur la plage. J'ai le sentiment d'être un sacré privilégié que de
pouvoir assister à un tel spectacle.
Toujours dans l'obscurité, je quitte "ma" tortue histoire d'aller voir si d'autres sont là. Je croise assez vite une seconde verte bien enfoncée déjà dans un trou dans lequel elle commence à
creuser le nid où elle déposera ses oeufs.
La plage est déserte. Aucune luth à l'horizon. Je pars dormir dans mon hamac que j'ai planté à deux pas. Réveil à 5h30 avec l'espoir que l'aurore m'offre une belle tortue et un peu de lumière.
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Samedi 23 avril 2011
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15:11
Petit clin d'oeil pour mon frère Tonio. J'ai bien pensé à toi sur cette crique. Déjà à l'aller, en plein jour, j'avais surpris ce beau caïman dans son eau saumâtre et chargée de déchets
organiques (bois, fruits, feuilles...). Il avait bondi devant mon canoë et s'était échappé. Le soir, sur le retour, je l'ai retrouvé au même endroit. Tranquille. Immobile. Guettant les
hypothétiques proies. J'ai pu m'approcher de lui sans problème. Il était bien plus calme. La nuit semble les rendre moins inquiets. A tort, car ils deviennent à leur tour une proie
facile pour les chasseurs. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire c'est pour leur chair qu'ils sont chassés pas pour leur peau.
Un animal paisible. Absolument pas inquiétant (jusqu'à une certaine taille!). Très facile à observer; sauf pour les touristes marocains ! ;))
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Samedi 23 avril 2011
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14:53
Une fois dans la vase, une belle surprise: des ibis rouges ! D'abord par dizaines, puis par centaines... un truc de dingue ! Je sais pas si j'en ai pas compté près de 1200.
Spectacle magnifique d'oiseaux rouges au milieu du bleu du ciel bleu, ou gris, du vert des arbres ou du marron de l'eau colorée des turpitudes de l'Amazone.
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Publié dans : kourouman
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Jeudi 21 avril 2011
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00:09
Et si je tournais la page des vacances de rêve sur un voilier et que je vous parlais d'autre chose !! Ceci dit, le rendez-vous est pris pour 2012 pour cette fois aller découvrir les îles Vierges.
Il paraît que c'est magnifique... A suivre dans un an !
Je suis revenu à mes sorties guyanaises qui valent quand même leur pesant de cacahuètes. Avec notamment une sortie sur une petite rivière qui se jette dans l'océan. Le tout en canoë le jour et un
retour la nuit bien sur pour tenter de croiser toutes les faunes possibles.
La rivière est particulière parce que pas très
étroite et surtout parce que la flore est très dense et a fabriqué comme une voûte. Parfois, ça ressemble même à un tunnel. Je me dis que le retour va promettre si jamais y a des serpents là
dedans !!! D'autant que j'en chie pour ramer tant mes coups de pagaie heurtent le "plafond" !
Au bout d'une bonne heure, l'embouchure montre le bout de ses doigts. La marée est basse mais laisse la possibilité de progresser quelque peu. Autour de nous des centaines d'oiseaux picorent
la vase à la recherche de leur dîner.
C'est l'heure d'une pause, tanqué dans la vase à mon tour. Tout près, 2 spatules roses.
C'est l'heure d'attendre le coucher de soleil pour
aller voir quelles bébêtes on va pouvoir croiser à la lueur des frontales...
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Lundi 11 avril 2011
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13:18
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Dimanche 3 avril 2011
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/2011
17:13
Magique vision !
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Publié dans : kourouman
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Dimanche 3 avril 2011
7
03
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/2011
17:10
Beau... mais pour combien de temps encore ?
Par tsoumanitoutatonka oboachi
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Publié dans : kourouman
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